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La radiologie marocaine trace son chemin au présent et au futur

Dr Anwar CHERKAOUI 
Expert en communication médicale et journalisme de santé

Bonne nouvelle pour les patients comme pour les professionnels de santé : la relève des médecins radiologues est bel et bien assurée au Maroc.

Et elle ne se prépare pas dans l’ombre, mais sous les projecteurs de la connaissance, de la transmission et de l’engagement scientifique.

Pour renforcer l’information du grand public et des soignants sur les urgences radiologiques — ces situations où chaque minute compte — le comité scientifique de la Société Marocaine de Radiologie a fait un choix fort et symbolique.

Sous l’impulsion de la présidente de la société marocaine de Radiologie (SMR), Pr Drissi Najat du CHU de Marrakech, la mission de préparer et de publier des articles pédagogiques a été confiée à une nouvelle génération de radiologues.

De jeunes professeurs, dynamiques et passionnés, exerçant à Oujda, Marrakech, Casablanca et Rabat, Tanger, Fès.... ont ainsi pris la plume… et le clavier.

Leur objectif : rendre l’imagerie médicale plus compréhensible, plus accessible, et surtout plus rassurante pour le public.

Le résultat ne s’est pas fait attendre.

 

Les articles produits sont clairs, bien documentés, pédagogiques sans être compliqués, sérieux sans jamais être anxiogènes.

Ils expliquent comment reconnaître une urgence, pourquoi l’imagerie est décisive, et comment les équipes médicales s’organisent pour sauver des vies.

Bref, une radiologie qui parle au citoyen, sans jargon inutile, mais avec rigueur et humanité.

Derrière cette initiative, il y a plus qu’un simple projet éditorial. 
Il y a un message fort : la transmission est en marche.

Les aînés passent le flambeau, les plus jeunes le saisissent avec enthousiasme, et toute la spécialité y gagne en vitalité.

Pour les patients, c’est un motif de sérénité.

Savoir que des professionnels bien formés, engagés et présents sur tout le territoire prennent la relève, c’est la garantie que la radiologie marocaine ne se contente pas d’un glorieux passé : elle construit activement son avenir.

Aujourd’hui comme demain, des urgences les plus critiques aux examens du quotidien, une chose est sûre : la radiologie marocaine est entre de bonnes mains.

Et ces mains sont jeunes, compétentes, et profondément attachées à une médecine moderne, humaine et tournée vers le public.

Membres de la Société Marocaine de Radiologie (SMR):

* Pr. Najat Cherif Idrissi El Ganouni - CHU Mohammed VI Marrakech - Présidente de la SMR.

* Pr. Kamilia CHBANI - CHU Ibn Rochd Casablanca.

* Pr. Badr BOUTAKIOUTE – CHU Mohammed VI Marrakech.

* Pr. Anas ORGI – CHU Ibn Rochd, Casablanca.

* Pr. Siham EL HADDAD - Hôpital Mère-Enfant, CHU Ibn Sina Rabat.

* Pr Sanae AMALIK - Institut National d’Oncologie, CHU Ibn Sina Rabat.

* Pr. Youssef SAKHY - Professeur assistant en radiologie - CHU Ibn Rochd Casablanca.

* Pr Hamid ZIANI - Professeur assistant en Radiologie - CHU Mohammed VI Oujda.

Imagerie médicale SMR

Le polytraumatisme au Maroc : 1ère cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 24 ans

Pr. Youssef SAKHY, Professeur assistant en radiologie 
 CHU Ibn Rochd Casablanca, Société Marocaine de Radiologie

Les polytraumatismes sont la 3ème cause de décès, après les cancers et les affections cardiovasculaires dans la population générale et la 1ére cause de décès chez les jeunes entre 15 à 24 ans 

 C’est un véritable problème de santé publique.

Troisième cause de décès dans la population générale (après les cancers et les affections cardiovasculaires) et première cause de décès chez les jeunes (population âgée de 15 à 24 ans), les traumatismes sont un problème de santé publique et représentent une part considérable des affections rencontrées dans les services d’accueil des urgences (SAU).

Les traumatismes crânio-cérébraux et les polytraumatismes constituent les principales causes de décès accidentels.

Le polytraumatisme correspond à une situation dans laquelle une personne présente « plusieurs blessures graves touchant différents organes ou parties du corps, dont une met sa vie en danger à brève échéance ».

Il survient le plus souvent après un accident de la route, une chute de hauteur ou un traumatisme violent.

Ces lésions peuvent concerner le cerveau, les poumons, l’abdomen, le bassin ou les membres.

Ces blessures peuvent être visibles, mais certaines sont internes et ne donnent pas de signes immédiats.

C’est ce qui rend la prise en charge du polytraumatisme complexe et urgente.

 

 Pourquoi les examens d’imagerie sont-ils indispensables ? 

Lorsqu’un patient arrive aux urgences après un traumatisme grave, l’examen clinique seul ne suffit pas toujours. Certaines lésions graves, comme une hémorragie interne, une atteinte des poumons ou du cerveau, peuvent passer inaperçues.

Les examens de radiologie (radiographie, échographie, scanner) permettent de visualiser l’intérieur du corps rapidement.

Ils apportent des informations essentielles pour comprendre la gravité des blessures et orienter la prise en charge.

 Le scanner en urgence : un examen clé

Dans le cadre du polytraumatisme, le scanner est souvent réalisé en urgence après stabilisation initiale du malade.

En quelques minutes, il permet d’examiner plusieurs régions du corps : la tête, le rachis, le thorax, l’abdomen et le bassin.

On parle dans ce cas de scanner corps entier ou Bodyscanner.

Grâce au scanner, les équipes médicales peuvent :

Détecter des lésions graves non visibles,
Identifier une hémorragie nécessitant une intervention urgente,
Décider des priorités de traitement,
Eviter des examens ou des gestes inutiles.
La rapidité de cet examen est déterminante pour la survie du patient.

 Le rôle du radiologue 

Les images obtenues sont analysées par le radiologue. Son rôle est d’identifier rapidement les lésions, de les décrire avec précision et de transmettre ces informations aux autres équipes médicales.

Dans les situations d’urgence, cette analyse doit être rapide et fiable.

Les décisions prises par les urgentistes, les chirurgiens et les réanimateurs reposent en grande partie sur ces résultats.

La radiologie interventionnelle occupe également une place centrale dans la prise en charge du patient polytraumatisé.

Dans certaines situations, elle permet de traiter rapidement des hémorragies internes sans recourir à une chirurgie lourde, grâce à des techniques mini-invasives guidées par l’imagerie.

L’embolisation, par exemple, est utilisée pour contrôler des saignements actifs au niveau du bassin, du foie, de la rate ou des reins.

Réalisée en urgence par des équipes spécialisées, la radiologie interventionnelle contribue à stabiliser les patients, à réduire les complications et à améliorer le pronostic, en complément étroit des urgences, de la chirurgie et de la réanimation.

 Un travail d’équipe au service du patient 

La prise en charge d’un patient polytraumatisé repose sur une collaboration étroite entre plusieurs professionnels : premiers secours, ambulanciers, urgentistes, radiologues, chirurgiens et réanimateurs.

Chaque acteur a un rôle précis et complémentaire.

La radiologie permet de guider l’ensemble de la prise en charge en apportant des informations objectives et immédiates sur l’état du patient.

Les examens réalisés en urgence ne sont ni systématiques ni anodins, ils sont indispensables pour détecter des lésions graves et agir sans délai.

Au sein des services de Radiologie des Urgences des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU), les équipes œuvrent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour assurer une prise en charge rapide, fiable et coordonnée des patients polytraumatisés, contribuant ainsi de manière essentielle au diagnostic précoce et à l’orientation thérapeutique en situation d’urgence vitale.

Et, dans ces mêmes services des urgences d’un hôpital, il n’est pas rare d'entendre ce témoignage de reconnaissance :

« Merci d’avoir participé à sauver la vie de mon fils. »

Ces mots touchants sont prononcés par une maman s’adressant au radiologue de garde, à l’issue de la prise en charge hospitalière de son fils, un jeune de 19 ans qui avait présenté, suite à un accident de moto, un polytraumatisme, et était acheminé au Trauma Center de l’hôpital dans un état critique.

Ce témoignage rappelle que la radiologie est un élément central, mais souvent méconnu, de la prise en charge du polytraumatisme.

Dans ces situations d’urgence vitale, chaque minute compte et chaque décision médicale repose sur des informations précises et rapides :  voir rapidement ce qui est invisible reste une étape essentielle pour sauver des vies.

Imagerie médicale Polytraumatisme Mortalité