
Pr. Siham EL HADDAD
Hôpital Mère-Enfant, CHU Ibn Sina – Rabat
Société Marocaine de Radiologie
Face à une boiterie chez l’enfant, l’imagerie médicale agit comme un véritable GPS diagnostique.
Elle permet d’écarter les situations urgentes, d’identifier rapidement la cause et d’orienter la prise en charge.
La boiterie est l’un des motifs les plus fréquents de consultation aux urgences pédiatriques.
Qu’elle apparaisse après une chute, un faux pas pendant le sport ou de façon totalement inexpliquée au réveil, elle déclenche presque toujours une vive inquiétude chez les parents.
L’enfant marche de travers, se plaint parfois de douleur, et l’imagination s’emballe rapidement.
Heureusement, la médecine moderne dispose aujourd’hui d’outils d’imagerie performants qui permettent d’y voir clair rapidement.
Contrairement à une idée reçue, on ne multiplie pas les examens au hasard.
Chez l’enfant, chaque image est choisie avec précaution, selon une logique médicale bien définie, afin d’obtenir un diagnostic fiable tout en limitant les examens inutiles.
Avant même de produire la moindre image, l’enquête commence au cabinet ou aux urgences.
Le radiologue ne travaille jamais à l’aveugle.
L’âge de l’enfant est un élément déterminant, car les causes de boiterie chez un tout-petit ne sont pas les mêmes que chez un adolescent.
Le contexte est tout aussi important.
Une chute récente, une activité sportive, la présence de fièvre ou la localisation précise de la douleur orientent immédiatement le choix de l’examen.
L’imagerie médicale fonctionne alors comme une véritable boîte à outils.
L’examen le plus simple et le plus souvent utilisé reste la radiographie standard. Rapide, largement disponible et aujourd’hui très peu irradiante, elle permet d’explorer les os.
Elle est indispensable pour détecter une fracture, une anomalie de position, voire certaines maladies osseuses.
L’échographie occupe une place essentielle en pédiatrie.
Réalisée à l’aide d’une sonde utilisant des ondes sonores, elle n’expose pas l’enfant aux rayons X.
Elle est particulièrement utile pour examiner les tissus mous et les liquides. Pour la hanche, elle est souvent l’examen clé.
Elle permet par exemple de confirmer rapidement un rhume de hanche, appelé synovite aiguë transitoire, une inflammation bénigne très fréquente chez les enfants de trois à huit ans, qui guérit généralement avec du repos et un traitement simple.

Lorsque la radiographie et l’échographie sont normales mais que la douleur persiste, l’IRM peut être indiquée.
Cet examen, basé sur un champ magnétique et totalement non irradiant, offre une vision extrêmement précise des os, des muscles et des tissus profonds.
Il est particulièrement utile pour détecter une infection osseuse débutante ou une atteinte plus complexe, parfois invisible sur les examens de première intention.
Le scanner, ou tomodensitométrie, utilise des rayons X pour produire des images en trois dimensions.
Chez l’enfant, il est moins souvent utilisé en première intention.
Il est réservé à des situations bien précises, notamment l’analyse de fractures complexes avant une intervention chirurgicale.
Les causes de boiterie chez l’enfant se répartissent généralement en trois grandes catégories.
Les causes traumatiques sont les plus fréquentes. Une fracture classique est le plus souvent visible sur la radiographie.
Chez le jeune enfant, il existe aussi des fractures très fines, parfois appelées fractures « en cheveux », notamment au niveau du tibia, qui peuvent survenir après une simple torsion du pied.
Les causes inflammatoires et infectieuses constituent un autre grand chapitre.
Le rhume de hanche, fréquent entre trois et huit ans, correspond à une accumulation transitoire de liquide dans l’articulation de la hanche. L’échographie, associée à la radiographie, permet d’en faire le diagnostic rapidement.
À l’inverse, l’arthrite septique ou l’ostéomyélite sont des urgences médicales.
Il s’agit d’infections de l’articulation ou de l’os, souvent accompagnées de fièvre et d’un état général altéré.
Dans ces situations, l’échographie et surtout l’IRM jouent un rôle déterminant.
Enfin, certaines boiteries sont liées à la croissance.
Chez l’adolescent, l’épiphysiolyse correspond à un glissement de la tête du fémur, plus fréquent chez les jeunes en surpoids.
La radiographie, réalisée selon des incidences spécifiques, permet de poser le diagnostic.
Chez l’enfant plus jeune, la maladie de Legg-Calvé-Perthes est une atteinte de la tête du fémur liée à un défaut de vascularisation.
Elle peut être détectée par la radiographie ou, plus précocement, par l’IRM.
Face à une boiterie, l’imagerie médicale agit comme un véritable GPS diagnostique.
Elle permet d’écarter les situations urgentes, d’identifier rapidement la cause et d’orienter la prise en charge.
Dans la grande majorité des cas, l’association d’une radiographie et d’une échographie suffit à rassurer les parents.
La plupart des boiteries de l’enfant sont bénignes et évoluent favorablement en quelques jours, à condition d’un diagnostic bien conduit et d’un suivi adapté.
Pr. Kamilia CHBANI
CHU Ibn Rochd Casablanca / Sociéte Marocaine de Radiologie (SMR)

Les maux de ventre sont fréquents chez les enfants, ils se manifestent par des douleurs plus ou moins violentes, il est parfois difficile de savoir si ces douleurs sont anodines ou si elles sont liées à une maladie grave.
Dans la majorité des situations, et en fonction des signes accompagnateurs, un simple traitement médical est suffisant pour que tout rentre dans l’ordre.
Mais quand la douleur est persistante non calmée par les mesures usuelles ou s’associe à d’autres signes comme de la fièvre, des vomissements ou une diarrhée, les parents paniquent et ramènent l’enfant rapidement aux urgences.
L’équipe soignante examine l’enfant, pour trouver la cause des douleurs le plus rapidement possible tout en mettant en œuvre des mesures pour calmer l’enfant et le stabiliser.
Le médecin peut suspecter des pathologies dont la prise en charge thérapeutique ne doit pas être retardée vu les risques d’aggravation et de menace du pronostic vital.
L’échographie s’est imposée comme l’examen radiologique de première intention, elle peut être réalisée rapidement dans l’urgence, ou chaque minute compte.
En effet, c’est un examen anodin, non douloureux, sans irradiation et sans contrainte ni préparation particulière pour l’enfant, peut être réalisée n’importe où.
L’échographie abdominale va explorer les organes abdominaux et reconnaitre la cause des douleurs dans la majorité des situations.
Les autres moyens d’imagerie notamment la radiographie standard de l’abdomen ainsi que le scanner sont des examens irradiants, les cliniciens ne vont donc les prescrire que lors de circonstances précises ou en cas d’insuffisance de l’échographie.
Lors de douleurs aiguës chez le nourrisson, celui-ci pousse des cris inhabituellement stridents et difficile à calmer.

Et si les douleurs s’accompagnent de vomissements verdâtres, cela peut orienter vers une maladie qui s’appelle le volvulus sur mésentère commun dont la prise en charge est chirurgicale en urgence, à cause du risque de nécrose de l’intestin, l’échographie est ici d’une grande précision car elle montre de façon très nette l’anomalie, sans avoir besoin d’autres examens radiologiques et sans perte de temps dans d’autres examens.
Ces douleurs peuvent être dans d’autres situations paroxystiques et séparées par des périodes d’accalmies, l’invagination intestinale aigüe est alors suspectée par le clinicien et c’est encore une fois l’échographie abdominale réalisée en urgence qui va confirmer le diagnostic en mettant en évidence l’anomalie intestinale et permettre une prise en charge adéquate.
Chez l’enfant plus grand, les causes des douleurs abdominales sont différentes. Parmi les causes dont il est urgent de faire le diagnostic, se distingue l’appendicite aigue, qui est assez fréquente, qui se manifeste par des douleurs abdominales aigues localisée au niveau de la fosse iliaque droite avec vomissements, parfois une diarrhée, et si l’examen clinique n’arrive pas à trancher, l’échographie abdominale permet confirmer cette cause dont la prise en charge est chirurgicale en urgence, comme elle peut toutefois orienter vers une autre pathologie comme l’adénolymphite mésentérique ou le traitement est simplement médical, ce qui va éviter à l’enfant une chirurgie inutile.
Le médecin peut aussi suspecter une maladie grave à traitement non chirurgical comme le lymphome , l’échographie visualise correctement l’épaississement intestinal assez caractéristique, le patient sera orienté vers un service spécialisé pour sa prise en charge dans les plus brefs délais.
Dans d’autres situations, l’échographie abdominale écarte ces causes graves sus citées, le médecin demandera alors d’autres examens notamment biologiques qui pourront révéler une infection urinaire ou une intoxication alimentaire par exemple, et, dans certains cas, la douleur peut être purement psychogène déclenchée dans un contexte de stress.
La douleur abdominale aigue reste un symptôme fréquent chez l’enfant, quelques signes associés doivent alerter les parents et les pousser à consulter.
L’échographie abdominale a toute sa place pour mettre en évidence les causes les plus graves et dont il est urgent de faire le diagnostic pour une prise en charge rapide, sans avoir d’effet secondaire sur le patient.
Les équipes soignantes de l’Hôpital Abderrahim Harouchi du CHU Ibn Rochd de Casablanca représentés par les urgentistes, les chirurgiens et les radiologues travaillent main dans la main et en coordination pour sauver ces petits patients, en leur permettent un accès rapide en Radiologie pour avoir un diagnostic rapide et éviter les gestes chirurgicaux lourds.